mercredi 3 décembre 2008

L'échange

Argh... alors là, par contre, courrez-y !!! enfin, courrez-y si vous avez envie de voir une histoire absolument pas gaie, mais magnifiquement interprétée et filmée...

Avant même qu'il ne sorte en salle, avant même de voir la bande-annonce, une affiche associant les noms de Clint Eastwood et John Malkowich m'avait déjà convaincue... Celui d'Angelina Jolie m'avait en revanche laissée plus sceptique... J'avais tort... Dans un rôle absolument aux antipodes de Lara Croft, l'actrice nous montre l'étendue de ses talents...

Mais avant de vous dire tout le bien que j'ai pensé de ce film, juste quelques mots sur l'histoire... Ce samedi-là, Christine Collins ne devait pas travailler... A contre-coeur, elle laisse donc son fils à la maison, lui promettant que demain ils iront au cinéma ensemble... demain... A voir l'amour que cette mère porte à son fils, Walter, ils y seraient sans doute allés... Mais le samedi soir, Walter n'est plus là... et il ne rentrera pas le lendemain matin, comme le lui affirme l'officier de police qu'elle contacte après quelques recherches infructueuses dans le quartier...
3 mois plus tard, Christine est sur le quai de la gare : il semblerait qu'on ait retrouvé son Walter... il semblerait...
A vous de découvrir la suite...

C'est là un film très dur, mais qui, en même temps, ne se perd dans aucun excès... et surtout pas dans un excès de pathos, ce qui aurait pourtant été facile... Nous sommes très vite plongés dans l'histoire, et ne serait-ce les sonneries de téléphone ou les gens en retard, on n'en sort que bien après la fin du générique...
Comment se battre contre la bêtise de l'administration ? Comment avoir une seule once d'espoir lorsque l'on se sent tellement impuissante ? Un combat de David contre Goliath, qui, s'il n'était tiré d'une histoire vraie, nous aurait sans doute semblé irréaliste...
Un combat durant lequel de rares personnes vous faisant confiance seront d'une importance décisive...

Un très très bon film donc, mais n'y allez pas par hasard ou un soir de petite forme tout de même...

Two lovers

Two lovers... Ou comment choisir, ne pas choisir entre l'amour-passion et l'amour-raison... Comment vouloir l'un et se satisfaire de l'autre ? Voila qui résume bien mon impression à la sortie de la salle...

Personnellement, ce film ne m'a donc pas plu... Mais, à en croire les critiques enthousiastes qu'il suscite, peut-être n'ai-je pas bien compris, peut-être n'ai-je pas été sensible à cette histoire, à ces personnages...

Par contre certains très beaux contre-jour... (les seuls moments que j'ai donc aimé dans ce film résultent d'une très belle photo, malheureusement trop rare pour faire passer le temps durant les autres scènes...)

En plus Joachim Phoenix n'est pas forcément à son avantage... On ne donc même pas profiter de lui... hum...

Musée haut musée bas

Une comédie française servie par un casting des plus attrayants (Michel Blanc, Gérard Jugnot, André Dussolier, Daniel Prévost, Josiane Balasko, Pierre Arditi, Fabrice Luchini... et j'en passe...), un titre qui ne pouvait me laisser indifférente.. bref un film que je me devais d'aller voir...
C'est chose faite... Mais l'impression finale n'est pas à la hauteur de ce que j'espérais (voila le ton est lancé)...

Nous nous baladons durant 1h30 dans ce musée universel, plus universel encore que le Louvre puisqu'il couvre également la préhistoire (via une exposition temporaire de mammouths), l'art contemporain (une collection permanente et des expositions temporaires), mais aussi un peu de ce qui relève du domaine du muséum d'histoire naturelle (toujours les mammouths)...
Nous y rencontrons des artistes créant et commentant leurs productions, des visiteurs quelques perdus, un conservateur qui livre une véritable guerre aux plantes vertes qui envahissent peu à peu "son" musée, des touristes faisant le tour au pas de course...
Certaines situations, déjà rencontrées, font sourire... Combien ai-je vu de Japonais passer dans les salles du Louvre, regardant bien droit devant eux, tandis que le caméscope se chargeait d'enregistrer les images ???
Mais du fait de ces multiples saynètes, l'ensemble est un peu décousu...

Plus gênant peut-être, une comédie peut-être pas si "démocratique" que cela, à l'image de nos musées finalement... Qui a véritablement ri en découvrant Fontaine de Duchamp parmi d'autres urinoirs ? Qui a reconnu La Descente de Croix avant que le tableau en soit mis en arrière-plan ? Et qu'en est-il du Radeau de la Méduse ? En tout cas, le public présent avec moi n'a pas semblé être très réceptif, et je n'ai moi-même pas trouvé certaines de ces allusions très drôles... Peut-être juste une autosatisfaction (et encore) à reconnaître ce que l'on voulait me faire voir...

A cela s'ajoute une fin des plus apocalyptiques, que le cinéma français devrait laisser aux grosses productions américaines...

Finalement, je dirais qu'il eût sans doute été préférable de s'en tenir à la version théâtrale... Michel Blanc et Fabrice Luchini, par exemple, nous font profiter de leur talent par le biais de quelques répliques magistrales... Mais que cela sonne faux lorsque l'écran s'interpose entre nous et ces tirades...
Un bon film pour des étudiants en histoire de l'art qui veulent faire travailler leur oeil ; quelques bons gags aussi tout de même, mais l'ensemble laisse une impression plus que mitigée, vous l'aviez sans doute déjà compris...

samedi 15 novembre 2008

Les bronzes français, de la Renaissance au siècle des Lumières

Hop là... "On" m'a récemment fait remarquer que, pour une élève de l'Ecole du Louvre, il y avait quand même peu de visites (justement dois-je mettre un "s") d'exposition(s ?), par rapport aux posts "cinéma"... Hum... C'est pas faux...
Alors bon, j'ai décidé de me rattraper un peu, et j'suis allée voir vendredi l'exposition "Bronzes français" au Louvre...

L'exposition se déploie dans un vaste espace depuis l'entrée de l'aile Richelieu jusqu'à la Cour Puget, en passant par la Cour Marly... Le cheminement est parfois assez complexe, et les plans répétés ne sont pas de trop pour nous guider...
Comme l'indique le titre, elles nous présentent les diverses sculptures en bronze réalisées au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le propos est double : à la fois percevoir les différences de style (influence du maniérisme, du baroque, puis apparition d'un style plus gracieux et du rocaille), et nous montrer les espaces dans lesquels ces œuvres se développent (tant intérieur qu'extérieur) et le discours qu'elle serve (avec notamment le développement des effigies royales à partir de Henri IV)... Entre-temps, nous apprenons également qui étaient Barthélémy Prieur, Francesco Bordoni, François Girardon, Michel Anguier, Philippe Bertrand, et bien d'autres encore...

Voilà une exposition dense, non pas tant par le nombre d'oeuvres qu'elle nous présente (somme toute, assez digeste), mais par l'ensemble des notions qu'elle tente de nous inculquer... C'est là une véritable exposition bilan sur deux siècles de sculpture française... quel dommage d'ailleurs qu'elle laisse de côté les réalisations romantiques du XIXe siècle...

Belle exposition, mais quelques reproches à faire...
Pour commencer, il est parfois difficile de comprendre certaines explications quand des connaissances "de base" (?) manquent... Telle sculpture équestre d'Henri IV (si mes souvenirs sont exacts) est influencée par le maniérisme florentin... Argh.. fichu mouvement auquel je n'ai jamais rien compris si ce n'est dans ses œuvres les plus exacerbées... et là, pour le coup, je ne vois pas en quoi ce cavalier est de style maniériste...
Un peu plus loin nous sont présentés des groupes mythologiques... Le discours "scientifique" sur les styles disparaît pour nous raconter le mythe, certes nécessaire pour comprendre le groupe, mais pas suffisant...
Et puis, cela est bien mignon de nous dire que tel artiste s'est fortement inspiré de telle ou telle oeuvre, mais il est regrettable que cela soit fait en faisant appel à la culture personnelle du visiteur, qui a aussi ses limites... D'autant plus regrettable, que j'avais été agréablement surprise en voyant, au début de l'exposition, quelques dessins (originaux) présentant les monuments dont faisaient partie les sculptures présentées, lorsque ceux-ci n'existent plus de nos jours...

Malgré tout, quelques très belles pièces qui méritent qu'on se rende à cette exposition, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux... Personnellement, la section sur les petits groupes de bronze, notamment ceux de Corneille Van Clève m'a beaucoup plus... et impressionnée... Mais là encore, le choix muséographique est un peu dommage : on nous explique qu'Eros adopte telle ou telle attitude, mais ce petit Dieu est très difficile à voir... Placé derrière les figures principales, il aurait fallu pouvoir tourner autour de la sculpture pour pouvoir le voir, or celle-ci est placée presque contre le mur, et on ne peut s'en approcher...
enfin, on termine sur une très jolie sculpture de Houdon, La Frileuse, qui semble saluer le visiteur terminant son parcours...

The Duchess

Youpla plop... Changeons un petit peu des comédies françaises pour nous plonger dans l'univers du film à costume, et plus particulièrement dans celui de "the Duchess"...

Le film débute par le mariage (arrangé bien entendu) entre Giorgiana et le Duc de Devonshire... Nous voici donc (bandes annonces et publicités occultées) à peine assis dans notre siège, que nous sommes à la nuit de noces qui s'en suit... un peu dur quand même (en tout cas c'est ce que j'ai ressenti...) Vient le premier bébé, une fille naturellement, ce qui ne réjouit guère notre duc... Et puis le scénario s'enchaîne... Apparaissent maîtresses, meilleure amie et amant...

Je ne vous en dit pas plus... C'est là un bon film à costumes, avec, comme vous avez pu le voir, tous les ingrédients...Ceci étant dit, l'histoire n'est pas si niaise que ça, et bien servie par les acteurs : Keira Knightley, Lord Voldemort (oups pardon, Ralph Fiennes), Charlotte Rampling, pour ne citer que les plus connus...
Et pour ceux qui, comme moi, auraient quelques doutes à cause de la photo de Diana dans la bande annonce, ne vous inquiétez pas, il n'est fait aucune mention de la princesse de Galles dans ce film...
Finalement, si vous aimez d'ordinaire les films à costumes, celui-ci devrait vous plaire... Personnellement après 8 heures passées à la BPI, c'était juste parfait... Pas trop prise de tête, mais pas affligeant de bêtise non plus...

mardi 11 novembre 2008

Mes stars et moi


Robert Pelage (Kad Merad) est agent d'entretien dans une grande agence artistique... Celle-là même qui s'occupe de deux grandes actrices françaises, Solange Duvivier (Catherine Deneuve) et Isabelle Serenna (Emmanuelle Béart) et d'une jeune étoile montante, Violette Duval (Mélanie Bernier), que Robert aime beaucoup... que dis-je ? adule serait plus juste... Et il entend bien le leur montrer... Supportant un temps les frasques de leur fan le plus collant, ces trois actrices finissent toutefois par se liguer contre lui lorsqu'il dépasse les bornes...

Un film pas désagréable à regarder, mais sans réel "plus" non plus... Quelques scènes drôles - notamment celles chez la psy-chat-naliste, ou celles où Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart se crêpent le chignon - mais certainement pas la meilleure comédie française au cinéma en ce moment... On ne s'ennuie pas, mais on n'est pas non plus maintenu en haleine par ce scénario... Un peu décevant quand on considère le casting...
En bref, un film qui se regarde... mais son passage à la télé pourra amplement faire l'affaire...


lundi 10 novembre 2008

Bouquet final

Et hop là, une autre comédie française... Décidément je suis gâtée en ce moment (et là vous avez déjà compris que, de nouveau, ma sortie ciné du soir m'a plu...)

Comme le film précédent, le thème choisi pourrait sembler peu approprié à la comédie... Je sais bien que Devos disait que l'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui... De là à imaginer une comédie sur les pompes funèbres... Gervais Bron (Didier Bourdon) est à la tête d'une entreprise de pompes funèbres... Après 15 ans de métier, il estime que le poste de directeur financier de la filiale doit lui revenir... oui, mais voila, ce n'est pas à lui qu'il échoit, et quand il apprend que le jeune stagiaire (Gabriel, Marc-André Grondin) fraichement débarqué est l'heureux élu, c'en est un peu trop pour lui... Puisque ce jeune novice doit être formé, il le sera... et des morts il va en voir... Cette antipathie ne dure bien évidemment pas, et c'est une véritable histoire d'amitié qui naît entre les deux hommes...
Autour d'eux gravitent différents personnages... A commencer par les parents de Gabriel, un couple d'artistes vivant sur une péniche qui prend l'eau... Et puis, il y a Claire (Bérénice Béjo)... 3 personnes à qui Gabriel a beaucoup de mal à révéler son véritable métier... ce qui donne lieu à autant de situations caucasses...

J'ai trouvé le film quelque peu bancal dans les 10 premières minutes, accumulant un peu trop de situations différentes... Mais l'heure et demie qui suit est très agréable... Entre le bizutage d'un jeune novice et les expressions toutes faites, pas toujours lâchées au bon moment, voila une comédie qui tourne bien... Les acteurs sont de nouveau tous très justes dans leurs rôles, et si l'humour est parfois noir, il n'est jamais vulgaire, pour mon plus grand plaisir...

Encore un film à mettre sur vos tablettes... Un autre bon moment en perspective...

Et aussi, Marc-André Grondin, déjà vu (et déjà très bon) dans Le premier jour du reste de ta vie, n'est pas désagréable du tout à regarder (comme ça en passant hein ;-D)

dimanche 9 novembre 2008

La très très grande entreprise

Un étang pollué par une grosse multinationale, des entreprises locales qui ferment, un procès qui accumule les dossiers pour aboutir, après 2 ans de procédure, à la condamnation de la multinationale... Une victoire ? Pas si sûr quand on voit les sommes dérisoires qu'elle est condamnée à verser à ces petites gens, restaurateurs, ostréiculteurs, ouvriers... 12 000 euros par tête... Cela convient malgré tout à ceux qui ont peur de perdre plus en faisant appel... Seul un petit groupe décide de continuer le combat... et pour cela, ils n'ont d'autre choix que de monter à Paris, de se faire engager dans cette multinationale et de trouver l'élément qui permettra de relancer le procès...

Nous voici donc lancés dans une histoire d'espionnage, mais, si Zac (Roschdy Zem) et Mélanie (Marie Gillain) ont bien pensé à prendre leurs ordinateurs respectifs (ou presque), Denis (Jean-Paul Rouve) a, quant à lui, oublié de prendre son hélicoptère... Zut... Du coup, il va falloir faire avec les moyens du bord...

Sur un fond de sujet d'actualité pourtant peu favorable à la comédie, Pierre Jolivet réalise un film rythmé, enchaînant répliques et situations comiques... Les acteurs sont tous très justes dans leur rôles...

Un film que je vous conseille pour un agréable moment de détente au cinéma...

samedi 8 novembre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Voila, ça y'est, je suis (enfin ?) allée voir le dernier Woody Allen... Vous me direz, l'avantage d'aller voir l'un des films les plus attendus de la rentrée un mois après, c'est qu'on le voit dans une salle avec seulement 5 personnes autour de soi...

Vicky et Cristina passent l'été à Barcelone, la première pour étudier l'identité catalane et Gaudi, la seconde, eh bien, ma foi, il faut bien passer ses vacances quelque part (ça c'est quand on n'a pas de stage... La pauvre...)... bref je m'égare... Toutes deux sont les meilleures amies du monde et s'entendent parfaitement sur tous les sujets... Sur tout, sauf sur l'amour... La première est sur le point de se marier : elle vivra une vie tranquille auprès d'un garçon bien sous tous rapports, Doug... La seconde ne sait pas ce qu'elle cherche, juste ce qu'elle ne veut pas... La rencontre du peintre Juan Carlos et un week-end à Oviedo auront tôt fait de bouleverser leurs existences...

C'est là un très beau film que réalise Woody Allen... C'est bien connu, ce réalisateur aime ses actrices et il le leur rend bien... Scarlett Johansson, Rebecca Hall et Penélope Cruz sont magnifiquement filmées... La photo est superbe...
Quant au sujet principal, l'amour, eh bien... eh bien vaste sujet... Quid de l'amour tranquille et quid de l'amour passion ? Quid d'un amour éternel et quid de l'amour d'un instant partagé ? Et Woody Allen de nous présenter la beauté et la sérennité d'un amour à 3, pourtant difficilement concevable dans notre sysytème de pensée... Bref, quantité de scenarii nous sont présentés, et si bien présentés que c'en est presque notre rêve de conte de fée, l'amour-toujours entre un homme et une femme, qui nous semble regrettable (?), tant il semble y avoir de choses à vivre autrement...


vendredi 7 novembre 2008

Celtes et scandinaves

Le musée national du Moyen Age présente en ce moment l'exposition "Celtes et Scandinaves", objet d'une petite visite hier après-midi...

L'exposition aborde la question de la permanence et des évolutions artistiques observées aux marges du nord de l’Europe entre le VIIe et le XIIe siècle, au temps de la christianisation. Les différents objets exposés témoignent du synchrétisme en cours entre les anciennes traditions païennes, et la nouvelle religion chrétienne.

Nous sommes ici loin des galeries du Grand Palais, et de son blockbuster... Ici, on ne se bouscule pas, on ne fait pas la queue, et on admire tant que l'on veut l'ensemble des objets exposés, aussi petits soient-ils... Les textes sont clairs et aucune indigestion ne nous guette... Ce serait même plutôt le contraire... Cette exposition nous met en appétit mais ne nous rassasie pas... Résultat, flambage de carte bleue à la sortie pour compléter cette visite en achetant le catalogue...

Et aussi, un tout petit truc qui m'échappe... Pourquoi "Celtes et scandinaves" quand le propos est de montrer les moyens de diffusion du christianisme, via les formes d'art autochtones...

PS : I love you

Dimanche soir, retour en voiture à Paris... Et hop là, pour occuper le trajet, un petit film... Le ton est assez vite donné, je verse ma première larme moins de 15 minutes après le début du film... Bon ok, j'pleure parfois facilement au cinéma, mais là quand même !!!

Quand le film était sorti au cinéma, le scénario m'avait intriguée... un couple filant le parfait amour est rattrapé par la Faucheuse... Jerry laisse Holly seule... Enfin, pas tout à fait... avant sa mort, il a eu le temps de lui écrire un certain nombre de lettres, dans lesquelles, petit à petit, il la conseille et l'aide à tourner la page...
Scénario intriguant, mais dont je me demandais s'il tiendrait la route... Il me faut bien reconnaître que je me suis complètement laissée embarquée dans cette histoire, qui alterne entre moments de gaité et moments de tristesse... Continuel va-et-vient, rythmé par les lettres de Jerry, entre leur vie "avant", et sa vie de jeune veuve...
L'actrice qui incarne Holly, Hilary Swank (déjà vue dans Million Dollar Baby), est tout aussi remarquable dans ce rôle que dans celui de la jeune boxeuse, et probablement l'une des raisons pour lesquelles j'ai tant accroché au film... Une actrice à suivre donc...

En bref, si vous cherchez un petit film romantique et que vous avez à disposition un bon paquet de mouchoirs, ce film est pour vous... Sinon, je pense qu'il vous vaut mieux passer votre chemin...

samedi 1 novembre 2008

Magique

Puisqu'en français toute règle souffre une exception, la belle série des films français vus ces derniers temps s'est arrêtée dimanche soir avec "Magique"....

Betty (Marie Gillain) et Tommy (Louis Dussol) vivent seuls dans une ferme depuis que le papa de ce dernier est cosmonaute (mais un jour il reviendra)... Voici qu'un cirque en mal d'autorisations s'installe dans le jardin de la propriété... Mais bien sûr, pour laisser le temps aux personnages de se connaître, il fallait un élément perturbateur (vous saez ce fameux schéma tant appris en primaire ? collège ? situation initiale - élément perturbateur et retour à une situation apaisée si mes souvenirs sont exacts)...Bref je m'étale... Et quel élément perturbateur : Bingo, le sans papiers de la troupe (et donc à la disparition impossible à déclarer aux autorités compétentes), s'est perdu en route... or c'est lui qui a le chapiteau... Voici donc Betty et Baptiste (Cali) qui font plus ample connaissance, tandis que Tommy passe son temps avec les différents membres de la petite troupe...
Malheureusement (ou heureusement), Bingo retrouve son chemin (de manière assez rocambolesque soit dit au passage)... la représentation peut avoir lieu et la joyeuse troupe du cirque Magique repartir vers d'autres aventures et d'autres villes et villages à amuser et étonner...
Bien sûr, vous vous doutez bien que l'histoire ne s'arrête pas là... mais je vais quand même pas tout vous raconter, au cas où vous auriez malgré tout envie de le voir....

Bon, mais alors.... Pourquoi ce film m'a tellement ennuyée ???
Je trouve l'histoire niaise et dans l'ensemble mal jouée... Le summum étant atteint lorsque les personnages se mettent à chanter - faux bien entendu - des paroles tout aussi niaises que l'histoire...

Malgré tout, quelques rares instants "magiques".. le plus souvent grâce à la photo, qui nous donnent à voir de véritables instants féériques... Malheureusement trop peu pour nous laisser une impression correcte de ce film....

Vous l'aurez donc certainement compris, je ne vous conseille pas ce film... Mais si jamais vous l'avez vu et que vous avez aimé, je suis assez intéressée par vos arguments... histoire de comprendre ce qui visiblement m'a échappé....


Le Crime est notre affaire


Décidément, le cinéma français nous offre de très bons moments en ce moment...

Cet opus, qui se place dans la lignée, mais qui ne fait pas suite à "mon petit doigt m'a dit", vous promet une soirée agréable... un moment cinéma dont vous ressortirez sans avoir usé un seul mouchoir, sans avoir prié pour que les lumières ne se rallument pas trop vite... et avec un peu de chance, vous en sortirez également en ayant bien ri à certains moments, souri à d'autres et heureux de ce moment passé dans les salles obscures...

Prudence Beresford s'ennuie... S'acheter un énième chapeau ??? Mais pourquoi donc, puisque justement, elle en a déjà tant, et que, finalement, tous se ressemblent... Non décidément, rien de trépidant ne pimente ses journées, toutes inlassablement identiques... C'est alors que débarque tante Babette, qui lui confie avoir été témoin de l'assassinat d'une jeune femme, dans le train qui a croisé le sien à hauteur d'uen grande courbe... C'est là bien plus qu'il n'en fallait à notre Prudence pour omettre tout ce à quoi son prénom la destinait, et à se lancer sur les traces de ce cadavre et surtout de son assassin... Mais voilà qui n'est pas du goût de notre Bélisaire...

Si l'histoire en elle-même ne m'a pas toujours transportée, les sitations comiques entre Catherine Frot et André Dussolier m'ont fait passé un très agréable moment... et voilà donc un film que je recommande au plus haut point...

Faubourg 36

Le nouveau film de Christophe Barratier nous plonge dans les années 1930, et plus précisément dans cette année 1936, où les rêves les plus fous furent permis... Voir la mer...
Pour cela, 3 amis, ouvriers au chômage, vont tenter de redresser le music-hall dans lequel ils travaillaient jusqu'à peu...

La troupe des "Choristes" perd François Berléand et Jean-Baptiste Maunier, mais s'adjoint les services de Pierre Richard, Clovis Cornillac, et de bien d'autres bien entendu... Une première bonne raison d'y aller non ??? Pas convaincus ??? non mais vous avez bien vu les yeux de Pierre Richard ???

Bien, puisque cela ne suffit pas pour vous convaincre, il s'agit là pour moi d'un des beaux films français de la rentrée... L'atmosphère idyllique de l'espoir suscité par les congés payés est troublée par le chômage et la montée des extrêmes, trouvant tous deux un fort développement dans le film...
Ces ouvriers ne sont pas des surhommes, juste des êtres comme vous et moi, sur lesquels la magie du cinéma n'opère pas toujours... Certes, celon le vieil adage "qui veut, peut", mais cela ne se fera pas sans obstacles ni désillusions voire déceptions...

Personnellement, je n'ai pas perçu ce film comme une copie conforme des Choristes, ce que j'ai pu entendre dire par ailleurs... Certes l'équipe est sensiblement la même, certes les personnages chantent, certes ce monde voulu idyllique ne l'est pas... Oui mais... Ces analogies suffisent-elles à rendre ces deux scénarii identiques ?

A vous de juger... pour moi la réponse est non...

Séraphine

Ce film présente l'histoire de Séraphine Louis, peintre du début du XXe siècle, repérée par le collectionneur allemand Wilhelm Uhde...

Si l'histoire de cette artiste ne vous tente pas plus que cela, allez-y au moins pour le jeu des acteurs Moreau... Bien que je me demande si l'on peut encore parler de "jeu" quand on voit la manière dont Yolande Moreau semble habitée par son personnage... La réplique lui est donnée par Ulrich Tukur, également très juste dans son rôle... A ce niveau, le film mérite du début à la fin un maximum d'étoile et figure parmi mes coups de coeur...

Un peu dommage alors que j'aie trouvé le temps long dans la seconde partie du film... Puisqu'il s'agit d'une biographie, et que Séraphine devait bien mourir un jour, n'aurait-elle pas pu mourir un peu plus tôt ??? C'est sans doute un peu radical, mais qui puis-je si j'ai eu la désagréale envie de regarder ma montre ? Précisons tout de même que cette remarque n'enlève rien au jeu talentueux de Yolande Moreau (je ne le dirai jamais assez) dans ces scènes ...

Malgré tout un film à ne pas louper...

Petit plaisir supplémentaire pour les initiés à l'histoire de l'art de ce début de siècle... Il est assez plaisant d'entendre des noms tels que Vollard ou Kahnweiler, de se dire que finalement, faute de trouver un métier, nos études nous permettent au moins de sourire aux petites allusions au contexte artistique général de l'époque... Sourire aussi lorsque Wilhem Uhde découvre le Douanier Rousseau, quand on sait l'avenir qui lui est promis sur les cimaises de nos plus grands musées...