samedi 15 novembre 2008

Les bronzes français, de la Renaissance au siècle des Lumières

Hop là... "On" m'a récemment fait remarquer que, pour une élève de l'Ecole du Louvre, il y avait quand même peu de visites (justement dois-je mettre un "s") d'exposition(s ?), par rapport aux posts "cinéma"... Hum... C'est pas faux...
Alors bon, j'ai décidé de me rattraper un peu, et j'suis allée voir vendredi l'exposition "Bronzes français" au Louvre...

L'exposition se déploie dans un vaste espace depuis l'entrée de l'aile Richelieu jusqu'à la Cour Puget, en passant par la Cour Marly... Le cheminement est parfois assez complexe, et les plans répétés ne sont pas de trop pour nous guider...
Comme l'indique le titre, elles nous présentent les diverses sculptures en bronze réalisées au cours des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le propos est double : à la fois percevoir les différences de style (influence du maniérisme, du baroque, puis apparition d'un style plus gracieux et du rocaille), et nous montrer les espaces dans lesquels ces œuvres se développent (tant intérieur qu'extérieur) et le discours qu'elle serve (avec notamment le développement des effigies royales à partir de Henri IV)... Entre-temps, nous apprenons également qui étaient Barthélémy Prieur, Francesco Bordoni, François Girardon, Michel Anguier, Philippe Bertrand, et bien d'autres encore...

Voilà une exposition dense, non pas tant par le nombre d'oeuvres qu'elle nous présente (somme toute, assez digeste), mais par l'ensemble des notions qu'elle tente de nous inculquer... C'est là une véritable exposition bilan sur deux siècles de sculpture française... quel dommage d'ailleurs qu'elle laisse de côté les réalisations romantiques du XIXe siècle...

Belle exposition, mais quelques reproches à faire...
Pour commencer, il est parfois difficile de comprendre certaines explications quand des connaissances "de base" (?) manquent... Telle sculpture équestre d'Henri IV (si mes souvenirs sont exacts) est influencée par le maniérisme florentin... Argh.. fichu mouvement auquel je n'ai jamais rien compris si ce n'est dans ses œuvres les plus exacerbées... et là, pour le coup, je ne vois pas en quoi ce cavalier est de style maniériste...
Un peu plus loin nous sont présentés des groupes mythologiques... Le discours "scientifique" sur les styles disparaît pour nous raconter le mythe, certes nécessaire pour comprendre le groupe, mais pas suffisant...
Et puis, cela est bien mignon de nous dire que tel artiste s'est fortement inspiré de telle ou telle oeuvre, mais il est regrettable que cela soit fait en faisant appel à la culture personnelle du visiteur, qui a aussi ses limites... D'autant plus regrettable, que j'avais été agréablement surprise en voyant, au début de l'exposition, quelques dessins (originaux) présentant les monuments dont faisaient partie les sculptures présentées, lorsque ceux-ci n'existent plus de nos jours...

Malgré tout, quelques très belles pièces qui méritent qu'on se rende à cette exposition, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux... Personnellement, la section sur les petits groupes de bronze, notamment ceux de Corneille Van Clève m'a beaucoup plus... et impressionnée... Mais là encore, le choix muséographique est un peu dommage : on nous explique qu'Eros adopte telle ou telle attitude, mais ce petit Dieu est très difficile à voir... Placé derrière les figures principales, il aurait fallu pouvoir tourner autour de la sculpture pour pouvoir le voir, or celle-ci est placée presque contre le mur, et on ne peut s'en approcher...
enfin, on termine sur une très jolie sculpture de Houdon, La Frileuse, qui semble saluer le visiteur terminant son parcours...

The Duchess

Youpla plop... Changeons un petit peu des comédies françaises pour nous plonger dans l'univers du film à costume, et plus particulièrement dans celui de "the Duchess"...

Le film débute par le mariage (arrangé bien entendu) entre Giorgiana et le Duc de Devonshire... Nous voici donc (bandes annonces et publicités occultées) à peine assis dans notre siège, que nous sommes à la nuit de noces qui s'en suit... un peu dur quand même (en tout cas c'est ce que j'ai ressenti...) Vient le premier bébé, une fille naturellement, ce qui ne réjouit guère notre duc... Et puis le scénario s'enchaîne... Apparaissent maîtresses, meilleure amie et amant...

Je ne vous en dit pas plus... C'est là un bon film à costumes, avec, comme vous avez pu le voir, tous les ingrédients...Ceci étant dit, l'histoire n'est pas si niaise que ça, et bien servie par les acteurs : Keira Knightley, Lord Voldemort (oups pardon, Ralph Fiennes), Charlotte Rampling, pour ne citer que les plus connus...
Et pour ceux qui, comme moi, auraient quelques doutes à cause de la photo de Diana dans la bande annonce, ne vous inquiétez pas, il n'est fait aucune mention de la princesse de Galles dans ce film...
Finalement, si vous aimez d'ordinaire les films à costumes, celui-ci devrait vous plaire... Personnellement après 8 heures passées à la BPI, c'était juste parfait... Pas trop prise de tête, mais pas affligeant de bêtise non plus...

mardi 11 novembre 2008

Mes stars et moi


Robert Pelage (Kad Merad) est agent d'entretien dans une grande agence artistique... Celle-là même qui s'occupe de deux grandes actrices françaises, Solange Duvivier (Catherine Deneuve) et Isabelle Serenna (Emmanuelle Béart) et d'une jeune étoile montante, Violette Duval (Mélanie Bernier), que Robert aime beaucoup... que dis-je ? adule serait plus juste... Et il entend bien le leur montrer... Supportant un temps les frasques de leur fan le plus collant, ces trois actrices finissent toutefois par se liguer contre lui lorsqu'il dépasse les bornes...

Un film pas désagréable à regarder, mais sans réel "plus" non plus... Quelques scènes drôles - notamment celles chez la psy-chat-naliste, ou celles où Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart se crêpent le chignon - mais certainement pas la meilleure comédie française au cinéma en ce moment... On ne s'ennuie pas, mais on n'est pas non plus maintenu en haleine par ce scénario... Un peu décevant quand on considère le casting...
En bref, un film qui se regarde... mais son passage à la télé pourra amplement faire l'affaire...


lundi 10 novembre 2008

Bouquet final

Et hop là, une autre comédie française... Décidément je suis gâtée en ce moment (et là vous avez déjà compris que, de nouveau, ma sortie ciné du soir m'a plu...)

Comme le film précédent, le thème choisi pourrait sembler peu approprié à la comédie... Je sais bien que Devos disait que l'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui... De là à imaginer une comédie sur les pompes funèbres... Gervais Bron (Didier Bourdon) est à la tête d'une entreprise de pompes funèbres... Après 15 ans de métier, il estime que le poste de directeur financier de la filiale doit lui revenir... oui, mais voila, ce n'est pas à lui qu'il échoit, et quand il apprend que le jeune stagiaire (Gabriel, Marc-André Grondin) fraichement débarqué est l'heureux élu, c'en est un peu trop pour lui... Puisque ce jeune novice doit être formé, il le sera... et des morts il va en voir... Cette antipathie ne dure bien évidemment pas, et c'est une véritable histoire d'amitié qui naît entre les deux hommes...
Autour d'eux gravitent différents personnages... A commencer par les parents de Gabriel, un couple d'artistes vivant sur une péniche qui prend l'eau... Et puis, il y a Claire (Bérénice Béjo)... 3 personnes à qui Gabriel a beaucoup de mal à révéler son véritable métier... ce qui donne lieu à autant de situations caucasses...

J'ai trouvé le film quelque peu bancal dans les 10 premières minutes, accumulant un peu trop de situations différentes... Mais l'heure et demie qui suit est très agréable... Entre le bizutage d'un jeune novice et les expressions toutes faites, pas toujours lâchées au bon moment, voila une comédie qui tourne bien... Les acteurs sont de nouveau tous très justes dans leurs rôles, et si l'humour est parfois noir, il n'est jamais vulgaire, pour mon plus grand plaisir...

Encore un film à mettre sur vos tablettes... Un autre bon moment en perspective...

Et aussi, Marc-André Grondin, déjà vu (et déjà très bon) dans Le premier jour du reste de ta vie, n'est pas désagréable du tout à regarder (comme ça en passant hein ;-D)

dimanche 9 novembre 2008

La très très grande entreprise

Un étang pollué par une grosse multinationale, des entreprises locales qui ferment, un procès qui accumule les dossiers pour aboutir, après 2 ans de procédure, à la condamnation de la multinationale... Une victoire ? Pas si sûr quand on voit les sommes dérisoires qu'elle est condamnée à verser à ces petites gens, restaurateurs, ostréiculteurs, ouvriers... 12 000 euros par tête... Cela convient malgré tout à ceux qui ont peur de perdre plus en faisant appel... Seul un petit groupe décide de continuer le combat... et pour cela, ils n'ont d'autre choix que de monter à Paris, de se faire engager dans cette multinationale et de trouver l'élément qui permettra de relancer le procès...

Nous voici donc lancés dans une histoire d'espionnage, mais, si Zac (Roschdy Zem) et Mélanie (Marie Gillain) ont bien pensé à prendre leurs ordinateurs respectifs (ou presque), Denis (Jean-Paul Rouve) a, quant à lui, oublié de prendre son hélicoptère... Zut... Du coup, il va falloir faire avec les moyens du bord...

Sur un fond de sujet d'actualité pourtant peu favorable à la comédie, Pierre Jolivet réalise un film rythmé, enchaînant répliques et situations comiques... Les acteurs sont tous très justes dans leur rôles...

Un film que je vous conseille pour un agréable moment de détente au cinéma...

samedi 8 novembre 2008

Vicky Cristina Barcelona

Voila, ça y'est, je suis (enfin ?) allée voir le dernier Woody Allen... Vous me direz, l'avantage d'aller voir l'un des films les plus attendus de la rentrée un mois après, c'est qu'on le voit dans une salle avec seulement 5 personnes autour de soi...

Vicky et Cristina passent l'été à Barcelone, la première pour étudier l'identité catalane et Gaudi, la seconde, eh bien, ma foi, il faut bien passer ses vacances quelque part (ça c'est quand on n'a pas de stage... La pauvre...)... bref je m'égare... Toutes deux sont les meilleures amies du monde et s'entendent parfaitement sur tous les sujets... Sur tout, sauf sur l'amour... La première est sur le point de se marier : elle vivra une vie tranquille auprès d'un garçon bien sous tous rapports, Doug... La seconde ne sait pas ce qu'elle cherche, juste ce qu'elle ne veut pas... La rencontre du peintre Juan Carlos et un week-end à Oviedo auront tôt fait de bouleverser leurs existences...

C'est là un très beau film que réalise Woody Allen... C'est bien connu, ce réalisateur aime ses actrices et il le leur rend bien... Scarlett Johansson, Rebecca Hall et Penélope Cruz sont magnifiquement filmées... La photo est superbe...
Quant au sujet principal, l'amour, eh bien... eh bien vaste sujet... Quid de l'amour tranquille et quid de l'amour passion ? Quid d'un amour éternel et quid de l'amour d'un instant partagé ? Et Woody Allen de nous présenter la beauté et la sérennité d'un amour à 3, pourtant difficilement concevable dans notre sysytème de pensée... Bref, quantité de scenarii nous sont présentés, et si bien présentés que c'en est presque notre rêve de conte de fée, l'amour-toujours entre un homme et une femme, qui nous semble regrettable (?), tant il semble y avoir de choses à vivre autrement...


vendredi 7 novembre 2008

Celtes et scandinaves

Le musée national du Moyen Age présente en ce moment l'exposition "Celtes et Scandinaves", objet d'une petite visite hier après-midi...

L'exposition aborde la question de la permanence et des évolutions artistiques observées aux marges du nord de l’Europe entre le VIIe et le XIIe siècle, au temps de la christianisation. Les différents objets exposés témoignent du synchrétisme en cours entre les anciennes traditions païennes, et la nouvelle religion chrétienne.

Nous sommes ici loin des galeries du Grand Palais, et de son blockbuster... Ici, on ne se bouscule pas, on ne fait pas la queue, et on admire tant que l'on veut l'ensemble des objets exposés, aussi petits soient-ils... Les textes sont clairs et aucune indigestion ne nous guette... Ce serait même plutôt le contraire... Cette exposition nous met en appétit mais ne nous rassasie pas... Résultat, flambage de carte bleue à la sortie pour compléter cette visite en achetant le catalogue...

Et aussi, un tout petit truc qui m'échappe... Pourquoi "Celtes et scandinaves" quand le propos est de montrer les moyens de diffusion du christianisme, via les formes d'art autochtones...